Pour une Europe en décroissance

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« À tous ces fous. Ces inadaptés. Ces rebelles. Ces « faiseursdetroubles ». Ces metteurs de chevilles rondes dans les trous carrés.  Ceux qui voient les choses différemment. Ils ne s’adaptent pas aux règles. Et n’ont aucun respect pour le statut quo.  Vous pouvez les encenser, les contredire, les citer, ne pas les croire, les glorifier ou les endiabler. Mais à peu près la seule chose que vous ne pouvez faire est de les ignorer. Parce qu’ils changent les choses, ils inventent, ils imaginent, ils guérissent, ils explorent, ils créent, ils inspirent. Ils poussent la race humaine en avant. Peut-être qu’ils se doivent d’être fous. Comment autrement pourriez-vous demeurer face à une toile blanche et y voir une œuvre d’art ? Ou s’asseoir dans le silence et entendre une chanson qui n’a jamais été écrite ? Ou apercevoir la planète rouge et y voir un laboratoire sur roulette ?

Certains les voient comme des fous, certains les voient comme des génies. Parce que les gens qui sont suffisamment fous pour croire qu’ils peuvent changer le monde, sont ceux qui le font. »

Mark Twain

Pour une Europe en décroissance

Quand il est clair qu’il n’est plus possible d’ignorer la catastrophe écologique, sociale et humaine engendrée par un système basé sur l’exploitation de la nature et des peuples,

Quand trop de souffrances sont accumulées par trop de gens,

Quand la rigidification du capitalisme en phase finale et l’état de choc engendré par la décomposition des paradigmes qui nous ont porté pendant des décennies, ouvrent  enfin à une profonde métamorphose sociétale,

Quand l’emploi n’est plus qu’une exacerbation des peurs de ne plus rien valoir,

Quand le civisme n’est plus qu’un trou noir où l’on jette les gens pour les occuper à détruire la planète en sciant la branche sur laquelle ils sont assis,

Quand l’intégration sociale ne fait lien que par les menottes de l’endettement et la vente de son âme aux promoteurs et aux banquiers,

Quand le travail  n’est plus qu’une cage où chloroformer les symptômes réactifs de ce qui reste d’ humains encore un peu sains et valides,

Quand l’insertion n’est plus qu’une chasse aux évadés du système,

Quand la cohésion signifie d’enfermer des bébés étrangers en centres de rétention,

Quand la richesse n’est plus que la production hystérique de gadgets inutiles, corrosifs, nuisibles et aliénants,

Quand la production n’est plus que le vol des ressources d’autrui et la réparation de ce qu’on a volontairement cassé,

Quand l’éducation n’est plus que l’obtention effrénée, à coups d’élimination méthodique des copains, d’un loft doré plein de verroteries clinquantes, et d’un numéro de lot sur sa chemise de luxe,

Quand on ferme des écoles et renvoie des maitres pour construire des taules et embaucher des geôliers,

Quand la réussite n’est plus que l’étalement des vices, et la promotion, le droit d’injurier et d’escroquer le peuple sans poursuites,

Quand la sagesse n’est plus que de faire passer les plus gros mensonges et manipuler l’opinion,

Quand la liberté n’est plus qu’un prétexte à multiplier des choix provoquant désarroi et hébétude, qu’un ordre à s’affranchir de toutes limites pour gagner en puissance de frappe, qu’un droit à voter plusieurs fois pour des résultats conformes  au programme  de la pensée unique, qu’une souris et un clavier réglant le débit du  vacarme médiatique, que l’adulation de l’accaparement et de la prédation,

Quand le plaisir n’est plus que l’addition comptable de jouissances matérielles, de soulagements immédiats,

Quand la jouissance n’est plus que le paroxysme d’un sado-masochisme de masse hypocritement nommé libération des mœurs,

Quand le désir n’est plus que concupiscence et enchainement,

Quand la satisfaction ne passe que par l’ostentation concurrentielle,

Quand la solidarité n’est plus qu’une sommation à rentrer dans le rang,

Quand l’aventure se résume à prendre l’avion en souscrivant la meilleure assurance,

Quand la qualité de la vie, c’est avoir un emploi du temps de ministre, un jet privé et un écran géant dans chaque pièce de sa villa,

Quand tout repos, vacance, grève, maladie, enfance, vieillesse, accident, chômage n’est plus que sabotage aux cadences patriotiques,

Quand la recherche, c’est trouver de nouvelles huiles d’engrenage pour les lobbies des multinationales,

Quand la culture n’est plus que le bêlement des moutons,

Quand la communication, c’est ne plus se toucher, ne plus se regarder, mais s’encombrer de machines qui détraquent le climat,

Quand s’informer, c’est saturer l’espace de charges électriques qui sèment la panique chez tous les êtres et espèces sensibles,

Quand la cité, ce n’est plus qu’un tas de béton empilé autour des marchands,

Quand la campagne, ce n’est plus qu’un dépotoir des villes,

Quand cultiver son jardin, ce n’est plus que s’abonner à vie aux trafiquants de semences et de pesticides,

Quand faire des enfants, ce n’est plus que réserver une place en crèche et à l’université suffisamment à l’avance,

Quand se nourrir et se loger vous cloue aux croix plantées par les spéculateurs,

Quand le partage, ce n’est plus que compter son argent,

Et quand de tout ça, vous avez conscience,

Quand de tout ça, vous en avez marre,

Alors vous êtes mûrs pour rejoindre l’objection de croissance.

Car enfin est le moment où nous, en décroissance, ne pouvons nous taire, même et surtout si on est très occupés à bricoler notre petite vie de simplicité choisie, surtout en pleine crise, surtout quand tout le monde a peur, (sauf quelques petits villages gaulois quelque part en résistance),

Alors qu’il devient manifeste que rien ne va plus, que les riches nous blufferont toujours, même à l’agonie, en réclamant des millions pour colmater les brèches qu’ils ont eux même ouvert..

Le moment est là, où nous qui nous reconnaissons sous le nom de « décroissants » ne pouvons plus refuser les micros, sous peine de salir notre conscience en refoulant notre part de vérité, de lucidité, un moment où  nous avons le devoir de donner de la voix pour rallier ceux qui commencent à penser dans cette direction, non encore balisée, une pensée née en deçà des clivages droite et gauche, riche des différents courants qui émergent du décapage de notre vision, hors des champs publicitaires, médiatiques, télévisuels, une pensée en plein renouvellement et  réappropriation de notre imaginaire et de nos rêves, une pensée qui débouche ou qui est issue des pratiques, des usages et des alternatives engagées partout dans le pays par des anonymes.

Alors, parce qu’on a ce rêve en nous, ce n’est pas difficile d’aller jusqu’à oser le faire entendre lors des prochaines élections de tartufferie pour l’Europe.

Quand on a suffisamment de distance pour voir comment  on se moque des européens en les faisant voter du seul scrutin vraiment démocratique, à la proportionnelle, pour un  parlement qui n’a que peu de pouvoir, ne peut que s’aligner sur les directions ultra-libérales de la commission européenne et sur des traités signés entre oligarques dans le seul but d’assurer leur domination et le pillage du Sud,

On a envie de hurler non, pas encore ça!

On a envie de donner de la voix pour le Non, envie de donner de la voix pour tous les Sans Voix qui triment et s’échinent et n’ont plus envie de  se déplacer pour un bulletin de vote qui ne changera rien.

Parce qu’aussi il y a eu, ici et là, des gens pour me reprocher mes ressources plancher et mon travail gratuit, j’ai décidé de revendiquer ouvertement un Revenu Social Garanti pour tous, pour tous les européens, pour commencer….

J’ai donc accepté d’être tête de liste d’une circonscription (grand Sud-ouest) pour ces élections européennes, sachant que la visée n’est pas du tout électoraliste, puisque nous n’imprimerons pas de bulletin de vote ni d’affiches officielles.

Il s’agit surtout de faire une campagne, entièrement auto-gérée, pour nos idées, pour la mise en valeur de nos expérimentations de terrains, et de renforcer les contacts et les liens entre les objecteurs de croissance du pays.

Il s’agit de mettre en question radicale la notion de développement et de progrès dans une perspective anthropologique, énergétique, humaine, en dénonçant les mensonges de l’écologisme vert  et du développement durable.

Pour ma part, je fonde mon discours politique sur les trois axes fondamentaux suivants, qui se greffent sur la plaquette de propositions travaillée par l’ADOC, l’association des objecteurs de croissance,  en vue du Contre-grenelle et de ces élections Européennes,
qu’on peut lire là: (plaquette_proposition3_A4plie):

1) Le « revenu social garanti » décrété comme un droit humain fondamental et mis en œuvre immédiatement, « revenu minimum d’existence », ou encore « revenu d’autonomie inconditionnel », accordé à un revenu maximal autorisé. Par exemple tout ce qui dépasse trois fois le revenu moyen européen est pris pour être mutualisé en bien commun, patrimoine de la collectivité.

Réquisition des logements vides et des terres incultes et abandonnées. Attribution d’un terrain agricole gratuit à toute personne s’engageant à le cultiver en respectant  la terre.

2) La nationalisation des banques, la réappropriation  par l’État du pouvoir de création monétaire, l’encouragement et la légalisation des monnaies locales non spéculatives, accompagnés d’une gestion du contenu des échanges.

3) Le courage d »interdire toute spéculation sur la nourriture et le logement, donc les cultures, le foncier et l’immobilier, et réquisition immédiate des terres produisant carburants ou OGM.

Orienter alors vers une agriculture vivrière biologique, de subsistance, sur les territoires, visant la diversité et l’autonomie, avec attribution prioritaire de terres agricoles aux jeunes porteurs de projets.

Créer de nouveaux zonage d’urbanisme pour des formes d’établissements humains modestes et légers  avec installations réversibles et énergies renouvelables, allié à une politique d’urbanisation et d’aménagement du territoire basée sur une planification à long terme, avec entre autres, protection et revalorisation de l’artisanat de proximité.

Ces mesures phares sont de nature à changer profondément la donne économique mais aussi les rapports humains, non plus fondés dés lors sur la concurrence et la nécessité, mais sur le choix et la coopération.

Le travail est devenu pour la première fois dans l’histoire de l’humanité plus destructeur que bénéfique.

Il faut donc tout arrêter  pour réfléchir aux buts de l’activité humaine.

La planète et ses habitants ne sont plus en mesure de supporter un productivisme  effréné, basé sur l’aliénation et le muselage social par l’emploi, n’importe quel emploi, à faire n’importe quoi, le plus vite possible.

La remise en cause du travail entraine l’organisation de grands états généraux sur l’école et la recherche,  avec réforme profonde de l’éducation. Mais aussi des États généraux de la santé et de la justice planétaire, avec planification des productions, privilégiant  l’utile et le compatible avec une répartition soutenable entre tous les habitants de la terre.

C’est pourquoi j’appelle tous ceux qui se sentent concernés par l’objection de croissance et la nécessité de vulgariser ce courant de pensée et de pratiques, à faire connaître notre participation à la campagne des prochaines élections.

http://yurtao.canalblog.com/archives/2009/05/05/13617558.html

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5 commentaires à “Pour une Europe en décroissance”


  1. jean louis 9 juin 2009 à 11:11

    La décroissance passera par la décroyance.
    Et vu les résultats des élections européennes, ce n’est pas pour tout de suite.

  2. exdisciplesleblog 9 juin 2009 à 11:21

    Les résultats c’est 60 à 80 pour cent d’abstentions, donc la décroyance fait son chemin, au rytme de l’escargot.

    http://latelelibre.fr/index.php/2009/06/la-decroissance-ou-la-barbarie/

  3. jean louis 9 juin 2009 à 12:56

    Je ne suis pas d’accord avec vous. Sur les 60% d’abstentions, combien expriment le rejet ou le non ?
    Je pense, et c’est pour cela que je n’étais pas d’accord avec votre abstention, que la majorité des abstentionnistes sont soit désimpliqués, inconséquents, soit en manque d’une croyance convainquante, d’un leader charismatique.
    Les abstentionnistes pour des raisons politiques sont certainement une minorité. Personne ne fera le tri.

  4. exdisciplesleblog 9 juin 2009 à 13:09

    C’est votre croyance. Vous avez le droit de croire à ce que vous voulez.
    La décroissance n’a nul besoin de passer par la décroyance.
    La décroissance aura lieu, croyance ou pas.
    La croissance éternelle est un mythe inventé par des économistes.
    Mais ils n’ont pas plusieurs Terres en stock.
    Game over.

  5. catherine 9 juin 2009 à 22:24

    Ne pas croire, n’est-ce pas encore une croyance?

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Un ordre imaginaire

« C'est, semble-t-il, dans ce cycle sans fin que vit l'homme se berçant de l'illusion abstraite d'un ordre imaginaire. Se soustraire au désordre, telle est l'idéologie de l'ordre. D'où la division entre l'idéal et la réalité ; le terrain est alors prêt pour le conflit, la lutte forcenée entre ce qui est et ce qui devrait être.» «Vous divisez la vie en ce qui est sacré et ce qui ne l'est pas, en ce qui est immoral et ce qui est moral. Cette division engendre des malheurs et de la violence. Tout est sacré ou rien n'est sacré. » Jiddu Krishnamurti . La Révolution du silence.................................................................... ..................................................................................... Le 11 septembre 2001 est l’événement fondateur du siècle qui s’ouvre, il modèle aujourd’hui le monde dans lequel vivront demain nos enfants et nos petits-enfants ; il mérite donc notre intérêt bien plus que nous ne l’imaginons …

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Déclaration universelle des droits de l’Homme.Article 25-1 «Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires».Article 18″ Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.  »

Déclaration universelle des droits de l’Homme.Article 25-1  «Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires».Article 18″ Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.  »

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